En septembre 2006, la Roumanie a été le pays hôte du XIème Sommet de la Francophonie, organisé autour de la thématique les « Technologies de l’information dans l’éducation ». La Roumanie a reconfirmé d’une manière durable son engagement en faveur de la Francophonie et de la solidarité dans le domaine de l’éducation, en promouvant les échanges avec les pays du Sud. Après l’adhésion de tous les pays francophones à cette initiative, le Gouvernement de la Roumanie a décidé, en mai 2007, la création d’un programme de bourses doctorales et de postdoctorat « Eugen Ionescu ». Il permet aux chercheurs et aux doctorants des pays membres et observateurs de l’OIF et de l’Algérie, issus des établissements d’enseignement supérieur membres de l’AUF, de bénéficier d’un stage de recherche de minimum 3 mois dans les centres universitaires roumains, dans les domaines d’enseignement et de recherche les plus divers.

Ce programme s’inscrit dans la longue tradition de coopération universitaire de l’État roumain à l’international, et en particulier avec les pays du Sud, et relance les relations bilatérales et multilatérales avec un grand nombre de pays francophones. Il renforce ainsi la position de la Roumanie au sein de la Francophonie et valorise les pôles d’excellence en formation et en recherche des institutions roumaines d’enseignement supérieur.

Une production scientifique riche

Depuis 2007, 831 jeunes chercheurs (498 doctorants et 333 postdoctorants) issus de 39 pays se sont vu financer une mobilité pour effectuer un séjour scientifique dans les universités roumaines qui participent au programme « Eugen Ionescu ».

Le nombre d’universités roumaines qui ont montré leur intérêt pour participer à ce programme a graduellement augmenté depuis 2007. Jusqu’à présent, 27 centres académiques roumains ont accueilli des boursiers du programme « Eugen Ionescu » dans les thématiques les plus diverses. Les résultats scientifiques des bénéficiaires des bourses sont remarquables comme le montre le nombre de publications : 78 articles publiés par les anciens bénéficiaires pendant le séjour en Roumanie (52 articles d’auteur et 26 articles en collaboration) ; 19 articles écrits en collaboration avec des chercheurs roumains et d’autres boursiers « Eugen Ionescu » ; 6 articles écrits en collaboration avec les coordonnateurs de recherche du pays d’origine, 134 articles publiés après le retour des boursiers, dont 78 articles d’auteur et 47 articles en collaboration (56 en français, 30 en anglais, 45 en roumain et 3 en russe); 24 articles écrits en collaboration avec des chercheurs du pays d’origine, etc. De même, ont été finalisées et soutenues 2 thèses en cotutelle avec une université roumaine et 16 thèses soutenues après le séjour scientifique en Roumanie. La participation au programme s’est soldée de surcroît par 8 livres publiés par les anciens boursiers « Eugen Ionescu », 33 communications dans des manifestations scientifiques durant le séjour en Roumanie et 75 communications dans des manifestations scientifiques après le retour au pays d’origine.

Les boursiers « Eugen Ionescu » sont de véritables ambassadeurs de la Roumanie dans l’espace francophone. Alya Charfi est l’un d’entre eux

Une expérience qui m’a ouvert de nouveaux horizons d’enseignement et de recherche

Docteure en management, option « knowledge management », et enseignante-chercheuse à l’Ecole Supérieure de Commerce de Sfax en Tunisie Alya est une francophone et francophile passionnée. Elle a été bénéficiaire d’un stage de recherche postdoctorale de 3 mois à l’Université « Alexandru Ioan Cuza » de Iași, Roumanie, dans le cadre du programme de bourses « Eugen Ionescu » pour l’année 2018. 

Ma passion pour la langue française m’a toujours mise en quête permanente des événements et manifestations francophones, scientifiques ou culturels. Grâce à cette veille active, j’ai pu repérer l’appel à candidatures pour le programme « Eugen Ionescu ». Grâce à l’AUF-ECO, j’ai réussi à concrétiser mon projet de recherche qui consistait à établir le lien entre la valorisation du capital humain d’un côté, et la capacité d’une organisation à se créer un avantage compétitif, d’un autre. Le travail mené en Roumanie a consisté à élaborer l’état de l’art relatif à ma problématique de recherche et à entamer l’étude empirique auprès de quelques managers du secteur IT de la ville d’Iași. A côté de cette recherche initiale, mes collègues roumaines et moi avons aussi lancé une deuxième recherche autour de la notion de « créativité industrielle ».

Ce séjour scientifique offert par l’AUF, m’a permis, pour la première fois de ma vie, de m’ouvrir sur la région ECO. C’était une opportunité pour moi d’apprendre les règles de base de la langue roumaine et d’obtenir un certificat de langue de niveau A2. J’ai également découvert, et beaucoup apprécié, plusieurs traits de la civilisation roumaine, transylvaine et balkanique, touchant à l’histoire, à la géopolitique, à l’économie, mais aussi à la gastronomie, la poésie, la musique et la danse.

Au bout de cette merveilleuse expérience que j’ai réussie grâce à l’assistance administrative, logistique et financière offerte par l’AUF-ECO, j’ai noué des relations riches et prometteuses avec l’Université Alexandru Ioan Cuza, ses représentants et chercheurs. Je suis rentrée dans mon pays avec l’intention de concrétiser des programmes de collaboration future de nature à promouvoir la recherche scientifique dans le bain francophone qui réunit nos deux régions, celles de l’ECO et du Maghreb. Je tiens à exprimer mes remerciements et ma profonde gratitude envers l’AUF-ECO, dans laquelle je m’identifie aujourd’hui, qui est en train d’affecter positivement ma vie personnelle et mes orientations professionnelles, et avec laquelle je partage l’amour de la Francophonie.

Alya Charfi